Le vote sanction se confirme, la droite en ballotage
Les premières estimations se sont confirmées hier à l’occasion du second tour des élections municipales. La gauche remporte un bon nombre de scrutins, avec 49,5% des votes contre 47,5% pour l’UMP au niveau national, selon le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). On parle ce matin dans Le Monde d’un ” nouveau type de cohabitation “, avec une opposition en tête à l’échelle locale face à un gouvernement qui perd en crédibilité. Sur France 3 ce matin, on considère que ces dernières élections sont ” un test électoral “ pour le président qui n’a cessé de diminuer dans les sondages ces dernières semaines. Ségolène Royal appelait hier à ” transformer ce vote sanction en vote d’avenir ” tandis que le premier ministre François Fillon estimait qu’il était ” mal venu de tirer de ce scrutin des leçons nationales “. Nicolas Sarkozy avait lui annoncé de ” légers ajustements ” au sein de son gouvernement, à commencer par son porte-parole David Martinon, qui a déjà été limogé et prié de ne plus se montrer en présence du président.
Le PS est aujourd’hui à la tête de plusieurs des villes clés de la politique actuelle, Toulouse, Strasbourg, Reims, St Etienne. A Paris, Bertrand Delanoë conserve son poste, avec toutefois une diminution par rapport aux prévisions du premier tour. Sont ainsi attribuées au PS quatorze des vingts plus grandes villes françaises (entre 20 et 50 000 habitants).
L’UMP conserve Nice, Bordeaux, Marseille, où Jean-Claude Gaudin l’emporte de peu pour un troisième mandat, à 51 sièges contre 49 pour l’opposition de Jean-Noël Guérini, mais aussi Calais, Agens, Châtellerault et Saumur. Enfin, Jean-Christophe Fromentin, investi par l’UMP, remporte la mairie de Neuilly, fief de Nicolas Sarkozy.
Parmi les membres du gouvernement, Xavier Darcos, ministre de l’Eductaion, perd la mairie de Périgueux, la liste où figurait Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, déchante à Colombes. A Paris, la ministre de la culture Christine Albanel, et la ministre de l’Economie Christine Lagarde ne sont pas élues. Pour les membres sortants, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération, gagne de justesse à Mulhouse, Nathalie Kosciusko Morizet, secrétaire d’Etat à l’écologie, et Rachida Dati, ministre de la justice, l’emportent à Paris. Enfin, Christine Boutin, ministre du logement, gagne la mairie de Rambouillet, et Christian Estrozi, secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, récupère la mairie de Nice et démissionne de son poste au gouvernement.
A noter toutefois un fort taux d’abstention pour ce second tour, avec plus d’un électeur sur trois qui ne s’est pas présenté aux urnes. Un premier signe sans doute de la désillusion actuelle des français vis-à-vis de la politique de tous bords.
