Publié par : nesshel8 | 16 mars 2008

Petit garçon rêveur et intéressé devient grand reporter comblé

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Petits, nous avons tous exercé des métiers fantastiques dans nos rêves les plus fous. Pompier, médecin, avocat. Pour lui, c’était le journalisme. Le Monde, la radio, Rachid Arhab connait. Depuis l’âge de sept ans, c’est son quotidien. Pour lui, le rêve est devenu réalité.

Jambes croisées, chemise et stylo bien en main, il n’a rien perdu de ses réflexes de journaliste. Depuis un an et deux mois, Rachid Arhab est membre du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). Etudiant en école de journalisme à Strasbourg, il commence sa carrière en 1977 dans la station locale de France 3 Reims. Les postes se succèdent. Chef du service « politique intérieure » à Antenne 2, grand reporter pour Envoyé spécial et Géopolis, rédacteur en chef du journal de 13 heures, présenteur du JT en duo avec Carole Gaessler, la liste est longue. Ce travail, il l’aime. Trente ans qu’il exerce ce métier. Peut-être même plus : « j’ai eu la chance d’avoir un père qui lisait beaucoup le journal. Quand j’avais sept ans, je récupérais France soir et Le Monde, et je lisais. Je ne comprenais pas tout, mais je rêvais de découvrir le monde, j’étais curieux, intéressé. Pour moi, une chose était sûre, j’aurais tout fait pour devenir journaliste (…) Pendant toute ma scolarité, ce désir ne m’a pas quitté. » Après avoir longtemps convoité la presse écrite, « le côté noble du métier », Rachid Arhab se tourne vers la télévision. Etudiant réservé, renfermé, la caméra l’aide à s’extérioriser. Grâce à elle, il créée, invente. Pourquoi ne pas se lancer ? En 2000, il produit et anime l’émission J’ai rendez-vous avec vous. Le but : « s’installer tous les dimanches dans un lieu différent (…) et faire du spectateur l’acteur principal de l’information. » Le succès est là. En 2000, il reçoit, avec Carole Gaessler, le Set d’or du meilleur présentateur de journal télévisé. En 2006, il est grâcié Chevalier de la Légion d’honneur, un titre dont il ne connait toujours pas la forme : « je crois que je suis le seul chevalier qui ne l’ait pas reçu. Il paraît que mon dossier est resté en dessous. Il devait être classé par ordre alphabétique inversé. » Ces récompenses restent pour lui une fierté, preuve que son oeuvre journalistique est un « reflet de ce qui se passe vraiment en France ». Sans aucune distinction ethnique. Quand ces interlocuteurs l’interrogent sur ses origines, sur l’obstacle qu’elles auraient pu être pour sa carrière, un silence lourd pèse sur l’assistance. Il clot rapidement le sujet sur une anecdote, un rédacteur en chef lui proposant un poste à France 3 … s’il change de nom. M. Goujat, se souvient-il. Non, Rachid Arhab n’est pas, et ne veut pas être le porte-parole, l’oracle des immigrés de France : « je voulais m’adresser à un plus large public (…) Pour moi, c’était une perte de crédibilité pour parler de tout le reste. » Aujourd’hui, Rachid revendique fièrement sa place au CSA. Une place opportune pour un journaliste comblé. Mais il se défend d’être « la caution du contre monopole de la droite au CSA » comme le décrit Libération dans un de ses articles : « beaucoup de gens me classent pour me diminuer (…) Je défends quiconque de savoir pour qui je vote. » Le défi est lancé.


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