Publié par : nesshel8 | 11 janvier 2008

Faut pas Rêver, une émission d’histoire et de rencontres

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Un matin de février 90, Georges Pernoud, présentateur de Thalassa, annonce à la rédaction de France 3 que la direction souhaite une émission de découverte, plus de reportages longs. Première réaction : « faut pas rêver ! » L’émission était née.

Jean, chemise rose, manches retroussées, bottes marrons type western, Laurent Bignolas se présente au Collège International de Cannes plutôt décontracté. En cet après-midi pluvieux, une odeur de feuilles mouillées cède le pas au présentateur au sens de l’humour diluvien.

Laurent Bignolas naît à Bourges en 1961. Stagiaire à France 3 pendant un an, il présente le journal du week-end dès 21 ans. Animateur de l’émission Faut pas Rêver depuis 1999, il tente la même année la traversée de l’Atlantique à la voile, histoire de battre le record : « arrivé au dernier jour, on s’est mis à reculer ». Pas de chance. Pourtant la chance, c’est quelque chose qui ne manque pas à cet homme qui a « atterri ici un peu par hasard ». Son émission ? Subtil mélange d’angoisse et de « vraies joies toutes simples ». Mais il ne faut pas s’y fier. Ce ne sont pas des vacances au frais du contribuable que vit Laurent. Entre l’Éthiopie et l’Argentine, c’est un boulot à plein temps.

Ce qui est important, c’est rencontrer, partager

Deux heures environ, un numéro par semaine sur deux mois d’été, programme de divertissement, ou presque. Faut pas Rêver, dans les propos d’un Bignolas énergique, se revendique comme une émission d’information : « on est en décalage avec les journaux télévisés, mais ce qu’on raconte doit être vrai et démontré. C’est intéressant d’avoir deux visions du monde différentes. » Une vision du monde qui remplit une vie. A travers une heure cinquante deux de reportages longs, ce qui est important, c’est rencontrer et partager. Partager oui, mais avec des limites : « quand on veut aller en Afrique par exemple, on nous dit : « tu évites de parler du sida, de la misère, de la guerre ». On en arrive à demander : « on peut parler des gens de couleurs ? » C’est difficile de marcher sur ces pays sans traiter ces sujets. » C‘est aussi faire un choix dans ses commentaires, dans ce qu’on doit ou ne doit pas montrer, c’est prendre en compte « la responsabilité qu’on a à travers ce qu’on transmet ».

Finalement, le service public, c’est une aubaine. Une ligne éditoriale stricte, c’est sûr. Mais c’est aussi la liberté d’avoir un avis différent, un plus large public, d’être un contre-pouvoir : « quand on est dedans, on en a souvent marre, mais on ne peut pas s’en débarrasser. » Pourtant, quand on lui parle de cette loi prochaine quant à la diminution de la publicité sur les chaînes publiques, le journaliste est conscient du danger : « on en a tous rêvé, mais si ça devient un prétexte pour devenir actionnaire majoritaire et imposer ses choix, ça devient un risque. Si les promesses sont tenues, on a du soucis à se faire quant au paysage audiovisuel tel qu’on le connaît aujourd’hui. » Une crainte légitime.

 

 

 

 

 


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